Le « Stabat mater » est un texte du XIIIe siècle qui évoque la souffrance de la Vierge Marie, au pied de la croix. Il a été rendu célèbre par de nombreux compositeurs, de Vivaldi à Arvo Pärt. Pouvez-vous nous expliquer le lien avec votre titre, Stabat Murder ?

Lorsque j’étais étudiante en théâtre, une amie m’avait prêté sa chambre de bonne à la Cité Universitaire. Il y avait, posé par terre, deux disques : le Requiem de Mozart et le Stabat Mater de Pergolèse. Une nuit blanche musicale s’en est suivie. Tant de génie et de pure beauté m’ont bouleversée. J’ai ressenti la puissance émotionnelle intense de cette musique sans pouvoir la définir exactement. Les chœurs du Requiem m’ont touché au cœur, et les voix du Stabat Mater m’ont arraché des larmes. Expressivité, empathie, simplicité… c’est admirable. La musique ne m’a plus quittée depuis. Lorsque j’ai imaginé mon roman, son titre, Stabat Murder, m’est venu très naturellement. J’aime jouer avec les mots, les sons, les allitérations. Il me fallait seulement trouver la bonne « note ». Le premier vers en latin du Stabat Mater est « Stabat Mater dolorosa », que l’on peut traduire ainsi : « La Mère se tenait debout, malgré sa douleur… ». Une mère qui pleure son enfant perdu, c’est une scène tragique intemporelle. Dans mon roman, toutes les mères se « tiennent debout » et affrontent, chacune à leur manière, l’angoisse et l’inquiétude qui les rongent face au danger qui menace leurs enfants.




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