E.V.E. devenue Eva est touchante, innocente, mais aussi terriblement effrayante. Le lecteur doit-il l’aimer ou en avoir peur ?

Je ne sais pas s’il faut en avoir peur. Après tout, maintenant que nous sommes nous aussi connectés en permanence, ne devenons-nous pas également hybrides d’une certaine manière ? À vrai dire, je trouve la nouvelle Eva touchante. Elle est terrible par la connaissance qu’elle a des hommes, grâce aux informations stockées dans leurs puces et auxquelles elle a accès, mais elle est en réalité comme une enfant qui découvre le monde, équipée d’un ordinateur surpuissant. Elle est forte et apeurée à la fois, elle ne cesse de poser des questions qui résonnent avec celles que nous nous posons également, et que nous oublions parfois de nous poser, indissociables que nous sommes de ce corps qui nous a été donné à notre naissance. La relation que nous avons aux machines est troublante, c’est indéniable. Dans le roman, Silas, qui est en quelque sorte le gardien de E.V.E., ne peut s’empêcher de ressentir une forme d’amitié envers elle, alors qu’il est le mieux placé pour savoir qu’elle est une machine. Est-ce qu’un jour, nous pourrons nous mêmes ressentir de l’affection envers une Intelligence Artificielle ? À quel moment dépassons-nous le fait d’être face à une entité sans âme pour lui en attribuer une ? Notre tendance à faire de l’anthropomorphisme nous pousse à cela, et une machine aussi évoluée que E.V.E. encourage ce genre de comportement. Aussi, quand la machine a été traitée comme une humaine et prend le corps d’un humain, qu’est elle, finalement ?




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