Le banc, dernier roman de Sandrine Kao, a paru le 16 mai. D’origine taïwanaise, elle y explore avec finesse le racisme ordinaire dont sont souvent victimes les Asiatiques. Elle nous livre ici le ressenti qui lui a donné envie d’écrire ce livre.
« Le banc a pour point de départ une insulte, écrite à l’intention d’Alex et visant ses origines. Je n’ai pas voulu écrire un roman sur le racisme, mais plutôt sur la double culture.

Alex, d’origine asiatique – mais il aurait pu tout aussi bien être d’une autre origine –, est partagé entre rejet et appropriation de ses racines. Sa double culture, qui aurait dû être une force, une source d’enrichissement, devient une tare, quelque chose de honteux, parce que certains pointent du doigt cette différence en l’insultant. Pour Alex – comme pour tout enfant ou adolescent de parents immigrés –, paraître toujours étranger dans le pays où l’on est pourtant né pose un problème d’identité et d’intégration, et les insultes racistes entravent d’autant plus toute démarche qui pourrait l’amener à apprécier la culture de ses parents.

J’ai voulu écrire Le banc pour partager ce ressenti et montrer qu’en prenant réellement conscience de la richesse que nous apporte cette double culture, on parvient à s’épanouir, à s’accepter tel que l’on est. On se rend ainsi compte que l’insulte raciste n’est provoquée que par la méconnaissance de l’autre et l’absence d’ouverture de certains aux cultures étrangères. »

Sandrine Kao


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Lire notre article sur les insultes racistes





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