Découvrez nos nouveautés en librairie, il y en a pour tous les goûts !

Pour les amateurs de culture et de langue anglaise, La Traversée du Time Tunnel de Stéphanie Benson et Hidden Agenda de Christophe Lambert et de Sam VanSteen seront deux aventures inoubliables. Avec Tip Tongue, lire de l’anglais devient naturel !

Vous aimez les enquêtes, et pourquoi pas en bord de mer ? Celle de Mystérieuse disparition au banc d’Arguin de Jeanne Faivre d’Arcier se passe dans le bassin d’Arcachon. Si vous préférez un récit plein d’amitié et de cartes postales énigmatiques, emparez-vous vite de Quatre de cœur de Yaël Hassan et Matt7ieu Radenac !

Le destin dépend parfois de choix très simples. Découvrez Twist again de Sylvie Allouche, un roman de société subtil et puissant.

Enfin, nous vous conseillons Les Amants du génome de Johan Heliot, une fresque romanesque qui mêle magnifiquement amour impossible et dystopie.

Comment faites-vous pour manier les voix d’autant de personnages si différents avec une telle justesse, comme si leur quotidien se déroulait devant vous ? On a presque l’impression de regarder une excellente série…
Je l’avoue, c’est un vrai casse-tête ! Tous les personnages ont été longuement pensés. Peu à peu ils deviennent réels et me guident dans mon histoire. Ils ont tous une manière différente de s’exprimer, alors je travaille beaucoup les dialogues. Je les dis souvent à voix haute (mes dix années de théâtre m’aident énormément à ce moment-là). S’ils ne “sonnent” pas juste à mon oreille, je ne les garde pas, je cherche autre chose. L’écriture de ce roman devait être très visuelle afin de plonger le lecteur immédiatement dans l’action et dans l’émotion. Tout est question de rythme et de justesse. Lorsque les deux se combinent, le sens s’impose. Effectivement, on n’est pas loin d’une écriture cinématographique, qui laisse une très grande place aux dialogues. Sans doute mon envie d’écrire des scénarios se fait-elle sentir… (Avis aux producteurs).

Quel message font passer les adultes, dans cette histoire ? Parmi eux, de qui vous sentez-vous le plus proche et pourquoi?
Ils sont indispensables à mon histoire. Ils représentent les repères essentiels qui structurent la vie de ces adolescents. Ce sont pour la plupart des parents : Suzanne, la mère des jumeaux Ben et Bruno; Mémé, la grand-mère de Mourad et de Mina; Farès, le père d’Aziz; Haroun, le père de Juliette, qui représente également l’autorité en tant que commissaire. Ils ne sont pas pour autant tous des anges, les rapports avec leurs enfants peuvent être conflictuels. Comme dans la vraie vie ! Je suis proche de tous mes personnages. Je suis chacun d’eux au moment où ils apparaissent sous ma plume. Je suis tout autant dans la folie de Jamal que dans la détresse d’Aziz. Comme le commissaire, je sens l’adrénaline monter en moi en poursuivant Zac. Je tremble avec Suzanne pour ses fils et je ris avec Mémé en préparant de bons petits plats.

D’où vous est venue l’idée de deux enquêtes parallèles, l’une dans la cité des Fleurs et l’autre dans les quartiers chics de Paris ?
J’aime entraîner le lecteur d’un endroit à un autre, mais sans jamais le perdre. Dans le roman, il y a toujours une connexion entre les deux univers. Celle-ci se fait par le biais des personnages. Pendant que le commissaire Massouda traque l’assassin de la jeune Sophie à la cité des Fleurs, Juliette -sa propre fille- est la cible d’individus louches à Paris. Ce qui me paraît intéressant également, c’est de montrer que personne n’est à l’abri de s’engager sur une mauvaise voie. Se droguer, dealer n’est pas réservé aux jeunes des cités. On le constate en découvrant Thibaud, un garçon de bonne famille, comme on dit, qui vit dans le 16e, est fils d’un haut fonctionnaire, et pourtant…

Ce matin-là, Aziz, alias Twist, et son meilleur ami Mourad se sont levés très tôt pour assister de près à la démolition d’une barre d’immeubles de huit étages… Un spectacle beau et flippant. Sous la poussière, Twist trouve une arme et fait le mauvais choix. Il la ramasse, décidé à la revendre à une bande des Iris. Ce qu’il ne sait pas, c’est que cette arme a servi à un assassinat.Au même moment, Bruno quitte pour quelques jours la cité. Il part retrouver Juliette,étudiante à Paris. Juliette qui n’est autre que la fille du nouvel ami de sa mère, le commissaire Haroun Massouda, chargé de l’affaire du meurtre…

Lire la suite


Lire la suite

Quels liens faites-vous entre votre roman et notre société de 2016 ?
L’intérêt de ce roman, c’est justement qu’il est à la fois « très près » et « très loin ». En fait, la seule chose qui n’est pas possible aujourd’hui, c’est la gestation en laboratoire. Mais tout le reste est déjà en graine. Les médicaments «anti–amour » existent, même s’ils ne sont pas commercialisés. Choisir son donneur sur catalogue est une réalité dans plusieurs pays (y compris européens). Aux États–Unis, il existe des agences où l’on ne paie qu’« à la livraison du bébé vivant » et où, pour 4 000 dollars, on peut choisir le sexe du bébé… J’ai poussé cette logique plus loin et je l’ai généralisée à la société entière, en gardant nos exigences de démocratie. Car ce n’est pas un monde totalitaire, ni ultra–sécuritaire : c’est un monde qui ressemble au nôtre, qui est le reflet de nos contradictions d’aujourd’hui. L’idée pour moi, c’est que la fiction joue un rôle de miroir grossissant, qui permette de donner un relief particulier aux enjeux de l’adolescence (se trouver soi, malgré les attentes des parents et de la société), mais aussi de se demander : est–ce vers ça qu’on se dirige ? Est–ce qu’on en a vraiment envie ? Si la procréation médicalement assistée est un progrès indéniable, les dérives possibles nous imposent d’être vigilants.

L’amour existe-t-il encore dans cette société que vous imaginez ? Que craignent réellement les adultes?
Oui, bien entendu, l’amour existe, et en particulier l’amour–attachement. Mais l’amour–passion est découragé par la société. Il y a des médicaments pour en atténuer les effets chimiques et aider à ne pas se laisser submerger par ses émotions. C’est une société qui a un fort besoin de contrôle. Or, l’amour, c’est le grand saut dans l’inconnu. C’est un sentiment intense, incontrôlable. Cette société n’accepte plus la dépendance et la fragilité dans lesquelles l’amour nous plonge. Du coup, elle a institué des agences qui aident à trouver le partenaire idéal. Il me semble que c’est très humain, et qu’on est tous tiraillés entre le besoin d’aventure, d’absolu, d’émotions fortes, et le besoin de douceur, de protection, de sécurité.

Maïa a les yeux noisette, les cheveux châtains, un petit nez retroussé et un QI de 117. Elle correspond en tout point aux critères choisis par ses parents sur catalogue, quinze ans plus tôt.Un soir, elle est abordée par Anthony,un garçon aux yeux verts. Maïa accepte de prendre un verre avec lui, bien qu’il lui semble beaucoup trop intelligent pour elle. Et dans sa tête tourne en boucle l’avertissement de sa prof de biologie :« Si vous tombez amoureux, ne vous affolez pas… ça fait partie des maladies bénignes de l’adolescence. Quelques comprimés de Deluvio 300, et c’est réglé. »

Maïa, votre héroïne, a été « commandée » sur catalogue par ses parents selon certains critères, avant même sa naissance. Qu’est-ce que cela change pour elle ?
Ce qui change, c’est qu’au fond, Maïa a l’impression d’avoir une valeur fixée à l’avance — mais dans le livre, on voit bien que l’intelligence n’est pas résumable à un chiffre de QI, ni une personne à une liste de traits génétiques. La sensibilité, la joie de vivre, l’humour… ne feront jamais partie d’un catalogue — et tant mieux ! Ce qui change aussi, c’est que les parents ont l’impression d’avoir choisi leur enfant, alors qu’on ne choisit jamais : l’humain est imprévisible. Mais ces parents-là ne sont pas préparés à accueillir cet imprévisible — ils ont du mal à accepter que leur fille exprime ses propres désirs et cherche sa propre voie.