À l’occasion de sa nouvelle sortie en librairie, les éditions Syros sont fières et heureuses de vous faire redécouvrir “Scarrels”, de Marcus Malte, un roman en avance sur son temps paru pour la première fois en 2008.

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Et une question qu’on ne peut pas s’empêcher de vous poser : dans la culture populaire actuelle, quel est votre super-héros préféré ?

Spider-Man, sans hésiter. Il est orphelin,vit avec sa tante qui a du mal à joindre les deux bouts, et plus il essaie de bien faire et plus les choses se retournent contre lui. Il a également beaucoup d’humour, ce qui le rend très sympathique. Ses qualités humaines surpassent ses super-pouvoirs. Ce personnage est un concentré d’humanité dans ce qu’elle a de meilleur. Même dans les pires situations, il ne renonce jamais à ses idéaux. Une leçon très utile en ce moment.


Il y a une incroyable révélation à la fin de “L’apprentissage”, qui fait un plaisir fou au lecteur. Anna va donc revenir pour un tome 2 ?

J’ai conçu cet univers en pensant à la possibilité d’en faire une série. Donc oui, Anna reviendra, et les choses vont devenir de plus en plus dangereuses pour elle. Je conçois cette histoire comme un feuilleton,avec beaucoup de rebondissements et une évolution constante du récit. Au départ, Anna est naïve et innocente. Mais le monde va se révéler bien plus ambigu et compliqué que ce qu’elle imaginait. Elle détonne dans cet univers cynique et marchand.Ses dilemmes et ses états d’âme sont les moteurs de l’histoire.

La création et les codes du Power Club amènent aussi une réflexion sur notre société du marketing et de l’image… Quelle est la nature du contrat que passent ces jeunes super-héros ?

Ces jeunes gens, issus de familles exagérément riches, achètent leurs super-pouvoirs. En échange, entre deux exploits, ils participent à des émissions de téléréalité, font de la publicité et s’impliquent dans des événements promotionnels. Ils sont ce qu’on appelle aujourd’hui des people. Nous vivons dans une société qui glorifie l’argent et la réussite sociale au détriment des êtres humains. Si les superhéros existaient, il n’y aurait aucune raison pour qu’ils y échappent. Ils seraient récupérés par la société de consommation qui recycle tout ce qui peut lui servir. C’est l’idée de base du roman. Traditionnellement, les super-héros acquièrent leurs pouvoirs par accident. Le destin les oblige à devenir des héros. Les membres du Power Club font un chèque. Ce point de départ change beaucoup de choses.

Pourquoi avoir choisi une héroïne ? Comment vous y prenez-vous pour que l’acquisition des super-pouvoirs paraisse si vraisemblable ? Sincèrement, le lecteur a l’impression d’apprendre à voler en même temps qu’elle !

Les super-héros sont souvent associés à une image virile qui met en scène la puissance physique. Choisir une jeune fille comme personnage principal permettait d’apporter un autre regard. Et puis j’avais promis à ma fille, qui s’appelle Anna,de créer un personnage avec son nom ! Le plus amusant pour moi est de prendre une hypothèse farfelue et de la traiter au premier degré. Je me suis donc posé la question : « Et si l’on pouvait réellement acquérir le pouvoir de voler, comment cela se passerait-il concrètement ? » Ce « et si » est une formule magique pour l’imagination. À partir de là, j’invente les sensations physiques qui pourraient accompagner l’utilisation de pouvoirs surhumains. Mon point de départ est universel. Nous avons tous rêvé au moins une fois de voler. Quand cela arrive, notre cerveau y croit vraiment !

Vous êtes auteur de romans noirs, scénariste et réalisateur de films d’animation longs métrages, d’où vous est venue l’envie d’écrire Power Club ?

Avant toute chose, j’aime inventer des histoires. Cela peut donner des films ou des livres, pour adultes ou pour la jeunesse, mais en réalité la démarche est la même. Il s’agit pour moi de créer des personnages avec lesquels on peut ressentir des émotions. D’une certaine façon, Power Club vient de mon enfance, puisque c’est à ce moment-là que j’ai découvert les comics. Les super-héros nous donnent la possibilité de sortir du réalisme et d’imaginer des situations étonnantes et amusantes.C’est un genre très ludique car il permet de mélanger la fantaisie la plus débridée avec notre monde réel. De ce point de vue, la science-fiction est passionnante. Sous couvert d’une projection dans l’avenir, elle parle de notre présent, et de la façon dont nous rêvons, ou cauchemardons, notre futur.

La 32e édition du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil ouvre ses portes le mercredi 30 novembre.

Découvrez le programme complet de nos auteurs en rencontres sur le salon et en dédicaces sur notre stand.

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Faut-il avoir lu les quatre romans U4 pour lire U4.Contagion ?


CT : Non, pas forcément ! C’est le principe d’un spin-off, il faut surtout avoir bien saisi le contexte d’U4 : le virus qui a décimé la population mondiale. Dans U4.Contagion, nous donnons cette fois la parole à une multitude de survivants, et pas seulement en France. Mais sans doute faut-il tout de même avoir lu au moins un de nos quatre romans pour apprécier pleinement cette Contagion.

FH : Et rassurez-vous, pour éviter les spoilers si vous n’avez pas tout lu, nous avons choisi de les signaler au cours du livre !

Est-ce cela qui vous a donné envie d’écrire U4.Contagion ?


FH : Bien sûr, et surtout notre désir d’en raconter davantage. Nous avions envie d’explorer, chacun à notre tour, d’autres facettes de nos personnages principaux, secondaires… et d’en découvrir d’autres encore. Après avoir consacré 1 500 pages à mettre le monde en ruines, nous voulions profiter du décor, révéler quelques secrets en suspens, raconter des « angles morts » de nos histoires.

YG : Les parcours de nos héros, écrits à la première personne, ne donnaient qu’une vision limitée de l’épidémie. Nous avons voulu ici faire entendre la voix d’autres personnages. Beaucoup de ces récits étaient en germe dans nos romans.

VV : Et comme nous voulions surprendre encore une fois les lecteurs, être là où on ne nous attendrait pas, nous avons choisi la forme des nouvelles – qui résonnent l’une avec l’autre, se répondent, créent un nouveau « chœur », cette fois dans un seul livre.