Téléchargez les fiches pédagogiques Tip tongue :

Avec Tip Tongue, enseigner l’anglais devient naturel ! Faites progresser vos élèves en anglais en lisant avec eux un roman Tip Tongue par trimestre ! Pour chaque roman, téléchargez le dossier pédagogique en 13 séances élaboré par Stéphanie Benson, directrice de la collection Tip Tongue et maître de conférences en anglais et didactique à l’université Bordeaux-Montaigne. Et surtout, HAVE FUN!

Pour tous les livres de la collection Tip Tongue destinés à l’école primaire, l’accompagnement commencera par la création d’un English Corner (le coin anglais) dans votre classe. Voici la fiche pour vous guider dans sa mise en place : > Fiche création English Corner
 
JEANNE ET LE LONDON MYSTERY – CE1/CE2
> Comment utiliser le livre ?
> Fiche pédagogique – semaine 1
 
VALENTIN ET LES SCOTTISH SECRET AGENTS – CE1/CE2
> Comment utiliser le livre ?
> Fiche pédagogique – semaine 1
 
BOUCLES D’OR ET LES STRANGE BEARS – CE1/CE2
> Comment utiliser le livre ?
> Fiche pédagogique – semaine 1
 
FLORIMOND A LA RECHERCHE DU OXFORD TREASURE – CE1/CE2/CM1
> Comment utiliser le livre ?
> Fiche pédagogique – semaine 1
 
BLANCHE NEIGE ET LA MAGIC FROG – CE2/CM1/CM2
> Comment utiliser le livre ?
> Fiche pédagogique – semaine 1
 
NOAH ET L’ENIGME DU GHOST TRAIN – CM1/CM2/6e
> Comment utiliser le livre ?
> Fiche pédagogique – semaine 1
 
TOM ET LE SECRET DU HAUNTED CASTLE – CM1/CM2/6e
> Comment utiliser le livre ?
> Fiche pédagogique – semaine 1
 
HANNAH ET LE TRESOR DU DANGEROUS ELF – CM2/6e
> Comment utiliser le livre ?
> Fiche pédagogique – semaine 1
 
QUI A VU LE PHANTOM OF THE OPERA – CM2/6e
> Comment utiliser le livre ?
> Fiche pédagogique – semaine 1
 

Les fiches pédagogiques des autres romans seront bientôt disponibles !

On sent, à la lecture de ce roman choral fascinant, que vous vous êtes énormément documenté. Comment avez-vous construit cette histoire ?
J’ai décidé d’écrire ce roman après avoir perdu deux copains, dont un proche, Michel Renaud, dans les attentats de Charlie, et avoir appris, la même semaine, que le fils d’une amie de ma fille était parti en Syrie faire le jihad. Avant sa conversion, il n’avait rien à voir, ni de près ni de loin, avec l’islam. C’est cela, je crois, qui m’a motivé. J’ai passé des semaines sur le web à visionner des vidéos d’Al Nosra, de Daesh, certaines horribles, d’autres fascinantes, toutes généralement très bien conçues. J’ai aussi regardé des témoignages d’embrigadés, lu des livres-documents, bref, j’ai fait ma recherche, comme tout auteur qui construit une histoire. Et puis je me suis replongé dans mes souvenirs du Liban ou de la frontière turco-syrienne, lieux que j’ai fréquentés. L’idée du roman choral est venue ensuite. Je voulais vraiment emmener le lecteur dans la tête de Maëlle et de ceux et celles qui l’avaient côtoyée à un titre ou un autre. Encore une fois, rien n’est plus complexe qu’un être humain, et rien ne restitue mieux cette complexité-là que le roman.

Vous donnez au lecteur, et c’est troublant, toutes les raisons de s’attacher à Maëlle, qui est une adolescente idéaliste, brillante, éprise de justice. Pourquoi Maëlle est-elle une cible parfaite pour les jihadistes, ce que sa jeune soeur Jeanne ne sera sans doute jamais ?
Maëlle est exactement cela : idéaliste, éprise de justice. Sa vision du monde est sombre. Elle est la cible rêvée à qui proposer une aventure à la fois absolue et éthique. Elle a aussi une image dégradée d’elle-même, à l’inverse de Jeanne, qui est plus sûre d’elle, et donc moins susceptible de basculer. Du coup, l’illusion d’avoir été choisie, élue, renforce l’auto-estime de Maëlle. Les rabatteurs recherchent un certain type de profil sur le web. Il ne faut pas sous-estimer les embrigadeurs, qui changent constamment de techniques, sont affûtés, intelligents, efficaces, si on les juge à l’aune de leurs résultats. Après que j’ai terminé ce roman, une fille d’amis s’est radicalisée via des rencontres in vivo et sur internet. Cette jeune fille est très proche de Maëlle par son caractère. Elle est passée par les mêmes phases d’enfermement et d’isolement. Cette ressemblance m’a fait frémir…


Pourquoi avez-vous choisi le personnage d’une jeune fille sous emprise, sachant que, contrairement aux garçons, très peu d’entre elles réussissent à rentrer en France ?
D’une part, les femmes sont au centre de l’ensemble de mon travail d’écrivain. D’autre part, je me suis intéressé à un personnage féminin pour ce roman justement parce que peu de jeunes filles reviennent. On parle moins des filles, notamment parce qu’elles ne combattent pas ou peu, et ne se rendent pas, sauf exception, coupables d’actes de barbarie. Je voulais mettre le lecteur dans la peau de l’une d’elles, victime de ce que ’appelle le rapt mental via les réseaux sociaux. À son retour, Maëlle ne peut plus redevenir Maëlle. Elle est Ayat, même si elle réalise qu’elle a été manipulée. Toute personne qui vit une expérience forte l’intègre à son identité profonde.

A priori, Maëlle n’est pas différente des autres filles de seize ans. Cette année-là, elle passe de plus en plus de temps sur Facebook, abandonne le sport, modifie sa façon de s’habiller, quitte son petit ami… Sans hésitation ni compromis, elle prend un virage à 180 degrés. C’est pour, croit-elle, sauver le monde, qu’elle rejoint l’organisation Daech. Un an plus tard, Maëlle revient pourtant de Syrie.

Que peut selon vous nous apporter la fiction pour aborder le sujet très complexe et délicat des jeunes Français partis combattre en Syrie?
Le roman permet d’aborder ce sujet dans toute sa complexité humaine. Les jeunes qui rejoignent les rangs de Daesh sont hélas convaincus qu’ils partent vivre une aventure morale, défendre un point de vue juste, à leurs yeux tout au moins. Dans leur tête, ils vont faire le bien, pas le mal. Ils sont en proie à la désillusion que leur inspire notre société obsédée par l’argent. Ils ont l’impression – et ce n’est pas toujours une impression ! – qu’ils n’y sont ni attendus ni accueillis, et se cherchent une cause à défendre. Les attentats de janvier et novembre 2015 nous rappellent à une tout autre réalité. La fiction permet de ne pas juger ces jeunes d’emblée, de laisser le lecteur exercer son sens critique, et de prendre du recul, je l’espère, sur ces théories du complot si populaires aujourd’hui. À ce titre, mon roman s’adresse évidemment aux ados, mais aussi aux adultes. À tous ceux que les histoires intéressent, et à ceux et celles qui se posent des questions auxquelles le reportage, le document ne répondent pas complètement, peut-être parce que la littérature aborde l’humain sous un angle qui n’appartient qu’à elle.

La collection “Mini Théâtre” s’agrandit… Découvrez vite en librairie le rêve fou de Pat L’éléphant pour réconcilier tous les animaux de la savane, et l’histoire de l’humanité en 48 pages et une chaise !
> Le rêve fou de l’éléphant, d’Emmanuel Trédez
> La chaise, de Grégoire Kocjan

Chaque humanimal est un être unique, mi-enfant mi-animal, doué de capacités extraordinaires…
> Les humanimaux, une série originale d’Éric Simard qui vous fera voir le monde autrement !

Enfin, deux romans choc pour penser le monde d’aujourd’hui. Et pour nous rappeler que oui, la littérature peut changer le monde !
> Et mes yeux se sont fermés, de Patrick Bard
> Macha ou l’évasion, de Jérôme Leroy

Qu’incarne à vos yeux le Capitaine, ce personnage très ambigu et fascinant du monde de la Fin ?
Les personnages ambigus sont forcément les plus intéressants ! Personne n’est programmé à l’avance pour être bon ou méchant. On peut même parfois être les deux au cours d’une vie, voire les deux en même temps. Le capitaine est un ancien militaire qui s’occupe de la sécurité de la Résidence où la famille de Macha s’est retranchée. Mais il est fasciné par la révolte, le courage et l’intelligence de cette adolescente. C’est ainsi que Macha, presque malgré elle, lui fait comprendre que sa place est ailleurs, qu’il sera plus utile en agissant autrement. Le Capitaine, pour moi, c’est l’image même d’une force inouïe qui, selon les circonstances, peut basculer du côté de la violence égoïste ou au contraire se mettre au service de la liberté d’autrui.


En quoi la jeunesse de Macha est-elle emblématique des dysfonctionnements du monde de la Fin ?
Macha est une lycéenne révoltée, dont la situation familiale est compliquée. Elle regarde ce qui se passe autour d’elle. Elle voit par exemple qu’une catégorie favorisée de la population, dont elle fait partie malgré elle, cherche à se mettre à l’abri dans des résidences sécurisées. Elle va rencontrer d’autres jeunes dont Karim, son amoureux, qui pensent comme elle. Cela la rassure un peu, mais ça n’empêchera pas le monde autour d’eux de s’écrouler, avant que quelque chose d’autre ne renaisse.

Comment avez-vous imaginé et façonné ce monde de la Douceur, qui est terriblement séduisant pour le lecteur ? Les ZAD* qui existent déjà en sont-elles les prémisses ?
Je suis frappé par le côté extrêmement dur et pessimiste des romans qui imaginent notre avenir. J’ai eu envie, moi, de dire que d’autres scénarios étaient possibles. On appelle ça une utopie, mais ça n’a rien de péjoratif. Et je pense sincèrement que dans la période troublée, angoissante que nous vivons, il y a malgré tout des signes encourageants. Les ZAD en font partie, même si elles ne sont pas à envisager comme un « modèle », plutôt comme une possibilité à long terme de vivre mieux ensemble. La Douceur, c’est une vie communautaire mais sans contrainte. C’est un monde où l’autre en face de moi n’est plus systématiquement un concurrent, un adversaire. Un monde où il est au contraire impossible d’être heureux si on est heureux tout seul.

* ZAD : Zone d’Aménagement Différé, que les zadistes, qui les occupent, appellent « Zone À Défendre ».