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Pour ceux qui ont aimé Ne retournez jamais chez une fille du passé de Nathalie Stragier, voici la suite des aventures de Pénélope !

Dans un tout autre genre, plongez-vous dans le thriller de Jeremy Behm, Mon ami Arnie.

Florence Hinckel nous montre dans un futur proche ce que peuvent provoquer Internet et les traces que nous y laissons avec Traces tandis que Jeanne-A Debats nous dévoile un futur incroyable avec Les voyageurs silencieux !

Votre roman fait beaucoup penser à la série de films d’horreur Scream, dans son ton décalé et très référentiel. Mais en même temps, il prête à une réflexion profonde, n’est-ce pas ?
Déjà, merci pour la comparaison avec Scream, j’avais justement vu le tout premier au cinéma, à l’âge de Fox et de Cliff. Le ton léger et burlesque, oui, je le revendique, pour les raisons évoquées précédemment. Mais résumer le roman à ces deux adjectifs serait réducteur. Dans Mon ami Arnie, nous plongeons lentement, principalement à travers les personnages de Fox et Cliff, dans le cynisme implacable du monde adulte. Nos deux héros possèdent une fraîcheur et une naïveté désarmante face à ce qui va leur tomber dessus lors de leur « quête de la bague ». Au premier abord, ils peuvent paraître totalement inconscients. C’est faux, évidemment. Pour moi, cette naïveté est même une qualité dans ce monde qui, malheureusement, ne croit plus en rien et surtout pas dans la force de l’imaginaire. Cliff et Fox sont constamment en train de jouer… ils jouent précisément pour tenter d’échapper à ce moment inéluctable où ils basculeront dans le « monde des grands » (ce qui adviendra lors d’un final que je me garderai bien d’évoquer ici). Je pense qu’on peut tous conserver cette part d’enfance si précieuse en chacun de nous, une fois adultes. Aujourd’hui, c’est essentiel pour arriver à survivre. Et au fond, c’est de cela, et de rien d’autre, que parle cette histoire.

Mon ami Arnie est un roman extrêmement original, dans lequel se mêlent une histoire d’amour, un cambriolage plus qu’amateur et la menace d’un serial killer sanguinaire. Comment réalise-t-on un tel cocktail d’horreur, de suspense et de légèreté ?
J’ai pris énormément de plaisir à créer cette histoire, que j’ai conçue comme un puzzle mental dont les pièces s’assemblent au fur et à mesure d’une narration éclatée pour former un tout où chaque personnage, même secondaire, a un rôle à jouer. Quand j’étais plus jeune (on y revient), j’ai beaucoup lu la collection des Livres dont vous êtes le héros, où le lecteur prend la place du personnage principal et se retrouve face à des choix cornéliens qui peuvent le conduire vers la victoire… ou le trépas. Mon histoire fonctionne exactement de cette façon. Chaque chapitre nous fait entrer dans la tête de l’un des protagonistes (tueur ou pas, je vous laisse le soin de le découvrir), et nous vivons littéralement le récit avec lui, où qu’il nous mène. Quant au style, il s’est imposé à moi. Aujourd’hui, je pense que les adolescents sont capables de lire et d’entendre des choses d’une violence inouïe via les médias auxquels ils sont tout naturellement exposés. Moi-même, j’appartiens à cette nouvelle génération et il m’a fallu prendre du recul pour arriver à tout encaisser. Le roman montre des faits brutaux, d’une cruauté inexcusable, mais racontés avec le recul nécessaire et joyeux qui permet de préserver l’humanité des personnages. Car après tout, nous ne faisons que passer ici-bas, alors ne prenons pas ce monde trop au sérieux !

Qu’est-ce qui fascine autant chez ce fameux Arnie Spencer dont le prénom donne son titre à votre livre?
Ah, ce cher Arnie… Personnage énigmatique que ce jeune homme solitaire, prisonnier de son image de « gosse de riche ». On dit que l’argent ne fait pas le bonheur et je demeure intimement persuadé que c’est vrai, n’en déplaise à cette société qui nous pousse perpétuellement à la course à la réussite. Car une fois que l’on a obtenu tout ce qu’il est possible d’avoir, qu’est-ce que le monde matériel peut nous offrir de plus ? Rien que le vide et l’ennui. C’est dans cet état d’esprit que se trouve Arnie au moment où l’on fait sa connaissance : il est seul et il s’ennuie, condamné à observer depuis sa cage dorée ce monde qui le rejette, malgré son désir désespéré de nouer des liens avec les autres comme un adolescent normal. Conséquence, il en veut à un père trop absent, accaparé par son métier (entre autre !), et c’est ce qui va le pousser à faire un pas vers Fox et Cliff. Pour le meilleur… ou pour le pire.

Ithaca, État de New York : une petite ville paisible sur laquelle plane l’ombre d’un serial killer. Mais malgré la paranoïa ambiante, certains jeunes ont encore la naïveté de croire au grand amour : Fox est raide dingue de Mia. Il a économisé tout l’été pour lui offrir LA bague de ses rêves, à 384,50 dollars. Et c’est bien sûr le jour où il prend l’argent sur lui qu’il se fait dépouiller. Le très impopulaire Arnie Spencer entre alors en scène et lui suggère de cambrioler la villa de son père durant le week-end.

Cliff et Fox forment un duo inséparable et très attachant.Pouvez-vous nous présenter rapidement ces deux héros ?
En vérité, on ne peut faire plus dissemblables. Fox est un garçon assez banal, sans aucun signe distinctif. Il passe son temps à tenter de «s’effacer » pour ressembler à tout le monde, et c’est cette forme d’humilité qui le rend, paradoxalement, si particulier. Cliff, lui, est tout l’inverse : cadet de cinq frères, il est fort en gueule et veut être vu et entendu pour exister en tant qu’individu au sein de sa famille. Curieusement, ces deux-là sont cul et chemise alors qu’ils devraient au contraire s’ignorer. Moi-même, quand j’étais gamin, j’avais un ami qui était mon exact opposé. Mais malgré nos différences, on était tout le temps ensemble et on passait notre temps à délirer. C’est ce qui me donne encore un peu d’espoir dans ce monde sinistré : savoir qu’on peut continuer à apprécier et respecter l’autre malgré les différences de points de vue et/ou de cultures.

Vous avez écrit plus de soixante dix romans, pour adultes ou adolescents, dans des genres différents (science-fiction, fantasy, thriller, fantastique…) ; avec Les Amants du Génome, avez-vous eu envie de mélanger les genres (romance, fresque, science-fiction…) ?
J’ai surtout eu l’ambition de mener à son terme une grande histoire d’amour, sur fond de critique sociale, comme le permet l’anticipation. Je veux que mes lecteurs vibrent et souffrent avec Irdiss et Orfée, et je serais vraiment comblé si je parvenais à leur arracher une larme finale!

En creux, votre propos n’est-il pas plus intime, plus personnel ? Que vous inspire le mythe de l’amour impossible (Orphée et Eurydice, Roméo et Juliette…) ?
Plus qu’à un tableau apocalyptique du futur, Les Amants du génome s’intéresse au parcours et au portrait intimes d’amoureux éternels, du début jusqu’à la fin, et sur de très, très nombreuses années. Le temps et les épreuves, dont celle de la séparation, sont le moteur de mon double récit. Sans négliger l’action, j’ai souhaité effectuer une plongée dans la psyché — l’âme, si vous préférez — de mes personnages, confrontés au déchirement ultime. J’ai toujours été frappé par la constance de cette souffrance dans toute tragédie amoureuse, quelle que soit l’époque ou la société. C’est bien la preuve de l’universalité de cette incroyable et impérissable force qu’est l’amour. Il n’y a pas de raison qu’il en aille autrement dans le futur !


Quels liens faites-vous entre notre monde actuel et celui que vous avez inventé ?
Aujourd’hui déjà, les géants du Net (Google, Facebook…) investissent des fortunes dans la recherche sur l’amélioration de l’être humain, avec comme but de repousser ses limites naturelles, augmenter son espérance de vie. Ce mouvement « transhumaniste » entraînera d’importants bouleversements dans nos vies futures, ou celles de nos descendants. Mais je doute que l’humanité dans son ensemble puisse en profiter, hélas ! Car dans le même temps, les inégalités ne cessent de se creuser entre riches et pauvres, et l’état de la planète d’empirer du fait de son exploitation insensée. Nous assistons à une dégradation de notre environnement, irrémédiable, dont les premières et principales victimes sont d’ores et déjà les populations les plus démunies — et cela ne s’arrangera sans doute pas. Nous évoluons vers une société de plus en plus clivée entre une “caste” de super-riches qui profiteront des avantages du progrès technologique et le reste du monde ! J’ai symbolisé ce clivage dans le roman en opposant l’Enclave, havre quasi édénique, à l’enfer quotidien d’Europolis, mégalopole surpeuplée et surpolluée, à l’image d’une actuelle Pékin, mais située comme son nom l’indique en plein coeur de l’Europe.

Dans un futur proche où la situation de l’humanité se dégrade dramatiquement (surpollution, crise alimentaire, chômage, misère), une fondation de mécènes bâtit l’Enclave, un petit paradis sous dôme qui accueille les plus doués parmi la jeune génération, avec pour mission de chercher des remèdes pour sauver la planète. À seize ans, Irdiss échoue au grand test d’admission dans l’Enclave, alors qu’Orfée, avec qui elle vit sa première histoire d’amour, réussit haut la main. Orfée bénéficie alors du traitement de Vie Augmentée, qui va ralentir considérablement son vieillissement. Irdiss et Orfée se promettent cependant de ne jamais se quitter. Mais les tensions s’accentuent entre l’Enclave et le reste du monde…

Quelle a été l’étincelle qui a donné naissance aux Amants du génome?

L’envie d’écrire une histoire d’amour, exercice auquel je ne m’étais jamais livré jusqu’à présent… Mais, bien évidemment, pas une “banale” histoire d’amour ! La science et la technologie devaient s’en mêler, et le décor choisi nous propulser dans un futur peu reluisant, afin de mettre les sentiments de mes personnages à l’épreuve. J’ai voulu explorer les limites d’un amour absolu, me confronter aux grands modèles imposés par les mythes et la littérature des siècles passés — la référence du titre est éloquente, ainsi que les prénoms de mes héros, Irdiss et Orfée.