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Interview de Denis GUIOT

denis-GuiotSpécialiste incontesté de la science-fiction pour la jeunesse, Denis Guiot a dirigé les premiers titres SF de la collection « P leine Lune » chez Nathan (dont Les Mange-Forêts de Kim Aldany, 1994), lancé en 1996 chez Hachette la collection « V ertige SF » (qu’il dirigera pendant quatre ans) et créé en octobre 2000 la collection « A utres Mondes » chez Mango qui, avec 47 titres et plus de quarante prix littéraires, deviendra, de 2000 à 2007, la collection de référence en matière de SF Jeunesse. Il est aussi critique littéraire (actuellement dans Phosphore), anthologiste, auteur de deux dictionnaires sur la SF et formateur.

Trois questions à Denis Guiot, directeur de la collection « Soon » :

Pourquoi ce nom : « Soon » ?
« Soon » veut dire « bientôt » en anglais. Et il s’agit effectivement, dans cette collection, de raconter des histoires pouvant se passer… bientôt. C’est-à-dire dans un futur (proche ou lointain) où les bouleversements climatiques, les OGM, les manipulations génétiques, la réalité virtuelle, les voyages spatiaux feront partie du quotidien. Mais la compréhension du sens de « Soon » n’est pas immédiate. Le mot a des consonances exotiques, il évoque l’ailleurs et invite à l’imaginaire. Et c’est très bien ainsi, car le futur, c’est aussi du rêve.

Qu’est-ce que le roman d’anticipation pour vous ?
Le roman d’anticipation, que l’on appelle aussi science-fiction, pose un regard différent sur notre monde, un regard décalé vers le futur. Ce détour par le futur permet de mieux comprendre les grands enjeux du monde contemporain – car le futur est en germe dans notre présent – et donc de réfléchir à l’avenir. La SF place l’être humain au centre de ses préoccupations, elle est une porte ouverte sur des futurs possibles, une littérature idéale pour les adolescents,
qui répond à leur désir de construire un monde meilleur.

Qu’est-ce que la science-fiction n’est pas ?
Le mot « science-fiction » est un peu barbare, et fait parfois fuir les lecteurs, craignant avoir affaire à des romans sans âme, qui ne les toucheraient pas. C’est fort regrettable, car la SF est aussi la littérature d’évasion par excellence, un voyage plein d’imprévus et d’émotions où tout est possible. Comme dans tout roman, les personnages de SF pleurent, rient, aiment, ont peur. Mais la science-fiction apporte une intensité exceptionnelle à la pâte romanesque, car son imaginaire, à cheval entre le présent et le futur, et construit sur la question « Que se passerait-il si ? », donne le vertige.
C’est la magie de « Soon ».